vendredi 30 décembre 2016

1 rue des petits - pas

Lorraine, hiver 1918 - 1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s'organise pour que la vie continue.
Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits - Pas par une sage - femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l'oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l'illégalité, élève un enfant qui n'est pas le sien, aime un être qu'elle n'a pas la droit d'aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir. 



Je pensais que j'aurai aimé. J'en avais lu tellement de bien. Rien que de voir cette jolie couverture des Editions France Loisirs, ce roman me faisait envie. De plus, le thème m'intéressait : les sages - femmes, l'après - guerre, les légendes...
Mais non...j'ai eu du mal à le lire. L'écriture ne m'a pas plu. Je ne saurais dire pourquoi. Ou alors, c'était les personnages. Peut - être...
Louise m'a plu. Jeune fille recueillie par une sage - femme, qui recueille elle - même un bébé. Je l'ai trouvée gentille, intelligente, forte, rassurante. Il faut m'excuser, j'ai l'impression d'écrire pour écrire, de chercher des adjectifs auxquels je ne crois même pas finalement...
Toujours est - il que cette critique est très difficile à faire. Mon ressenti par rapport à ce roman est très étrange. Le décrire est compliqué.
J'ai eu l'impression d'être dans l'obscurité tout le temps. C'est normal après - tout. Après la guerre, tout est en ruines, le paysage, les maisons, les gens... Mais j'ai peur du noir.
Les personnages ne sont pas très sympas, ils ne donnent pas envie d'aller vers eux. Mis à part Anne, qui n'apparaît pas beaucoup, Louise et Viga. Viga! Quel personnage! Il peut mettre mal à l'aise, on ne sait pas comment le prendre (sans mauvais jeu de mots). 
Il fait froid aussi, très froid...C'est normal, il neige! Et on est en Lorraine. Il fait froid dehors, il fait froid à l'intérieur même avec un feu dans la cheminée, il fait froid dans les coeurs. Seule Louise paraît avoir le pouvoir de réchauffer, et les corps et les âmes. 

Je suis déçue, j'aurai aimé l'aimer. 


Lu dans le cadre du Défi Lecture 2016, catégorie 27 : Un livre de ma wish - list

jeudi 29 décembre 2016

La meilleure d'entre nous

Angleterre, de nos jours. Le concours pour élire la nouvelle Kathleen Eaden a commencé! Cinq candidats sont en lice, réunis par une passion commune. Mais la confection d'un cheesecake ou d'un paris-brest ne suffit pas toujours à faire oublier les blessures et les peines.
Jenny, la cinquantaine tout en rondeurs, délaissée par son mari; Vicki, qui aspire à plus qu'à élever son petit Alfie ; Claire, la jeune caissière mère célibataire qui ne rêve même plus d'une autre vie ; Karen, dont l'apparente perfection dissimule bien des secrets ; sans oublier Mike, veuf en pleine thérapie culinaire... Au cours d'une compétition aussi gourmande qu'échevelée, tous apprendront que l'art de la vie est au moins aussi difficile que celui de la pâtisserie.



Bienvenue dans le meilleur pâtissier version anglaise (et version livre)! 
Kathleen Eaden, c'était la star de la pâtisserie dans les années 60 - 70. Elle en a même écrit un livre, devenu culte pour toutes les femmes dignes de ce nom. Maintenant, Eaden est devenu le nom d'une chaîne de magasins d'épicerie fine, bâtie par son mari. 
Les magasins Eaden ont décidé d'organiser un concours, celui du meilleur pâtissier, dans la majestueuse demeure des Eaden. Cinq concurrents sont sélectionnés : des personnes pour la plupart modestes qui rêvent d'un avenir meilleur. 

Un roman qui se lit très vite et très bien et qui donne envie de faire des gâteaux! Les extraits du livre de pâtisserie de Mrs Eaden ne sont pas simplement alléchants mais aussi remplis de petits conseils avisés. "En pâtisserie, l'organisation et la préparation sont de la plus haute importance". La maîtrise des deux vous garantira calme et efficacité dans la cuisine. Prenez le temps de vous préparer, que ce soit pour un rendez - vous ou pour votre mari, et vous récolterez les fruits de vos efforts" (p.130)
Entre les chapitres concernant le concours ou la vie extérieure des participants, c'est toute l'histoire de Kathleen Eaden qui est décrite, du début à la fin de la rédaction de son ouvrage, jusqu'à la fin de sa vie. C'est l'histoire qui m'a le plus plu, touchée. Derrière la gloire et les honneurs, il  y a une vie de femme, avec ses espoirs et ses désespoirs, ses joies et ses peines, ses secrets...
Les autres personnages sont aussi attachants. Il y a toujours une méchante en général. Ici, c'est Karen...en vérité, elle n'est pas si méchante que ça...disons qu'elle a des circonstances atténuantes. On aurait envie que tout le monde gagne parce qu'il n'y a pas une personne, pour ma part, que j'ai trouvé "mieux" que les autres. Mais comme ils sont tous supers sympas, ils sont forcément tous contents pour la personne qui remporte la victoire. C'est un peu bisounours tout ça, hein! Mais ça ne fait pas de mal de nos jours n'est - ce - pas! Bien sûr, il n'y a pas que du câlin et des bisous là - dedans. Il y a des histoires tristes, des désespoirs, des situations difficiles mais je ne vais spoiler en disant que ça finit bien! 

J'ai aimé parce que c'est léger, divertissant, agréable à lire. J'ai failli aller faire un gâteau juste après! Et merci Kathleen pour tes précieux conseils sur la pâtisserie et sur la vie. 

Lu dans le cadre du challenge Défi Lecture 2016, Catégorie 10 : Un livre qui se déroule dans le milieu culinaire.

mercredi 28 décembre 2016

J'ai tant rêvé de toi

Pas de quatrième ...



Youki séjourne à Prague, à l'hôtel Yalta, là où sa mère, quelques années auparavant a séjourné elle aussi. Elle est à la recherche de son père, qu'elle n'a jamais connu mais dont sa mère lui a vanté les mérites en lui racontant leur extraordinaire histoire d'amour éphémère. 
Pour Youki, cette quête du père est importante : il n'y a que cela qui puisse la sauver de sa terrible maladie, ce cercle vicieux dont elle n'arrive pas à sortir, l'anorexie. Elle nous raconte ses séjours à l'hôpital, inefficaces, ses longues journées de solitude à errer dans un appartement aux allures de clinique, à dormir, à vomir, sans soutien...ou presque car il y a Fred. Elle n'en parle beaucoup de cet homme "parfait" qui l'aime malgré tout. Car Youki ne sait pas aimer (la faute à qui?). Elle le trompe, tout le temps, sans scrupules. Elle le rejette, presque toujours, sans regrets. Et Fred reste, Fred court, Fred pleure, Fred l'aime. 
Youki raconte un peu de son enfance à Sarcelles, des étés à Belle - île...Elle raconte la maladie de sa mère, Agathe. Elle raconte la formidable histoire d'Agathe et de Pavel Kampa, pourquoi toutes les deux ont le même tatouage au niveau du nombril, celui d'un ours et d'une comète, symbole d'amour et d'attachement au père. 
Et puis il y a Robert. Robert Desnos, excuse de sa venue à Prague. C'est grâce à lui qu'elle va enfin pouvoir rencontrer son père, grand poète international. 
Dure descente dans la réalité. Désenchantement, désillusion...Pavel Kampa est un imposteur. 

Le début de ce roman ne m'a pas emballée du tout. La suite, un peu plus : les récits de jeunesse, les souvenirs de sa mère, l'histoire pseudo - romantique avec le poète, les poèmes de Robert Desnos, l'anorexie, le profil psychologique de Youki...
Les références historiques m'ont un peu perdue dans la mesure où je ne connais pas très bien cette partie de l'Histoire et notamment celle de la Tchécoslovaquie. Tout cela m'est passé un peu au - dessus.

Je ne vais pas m'attarder plus longtemps, je n'en ai pas grand chose à dire. J'ai moyennement aimé. 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2016, Catégorie 35 : Un livre avec "rêve" ou un synonyme de rêve dans le titre


mardi 27 décembre 2016

Rever

Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres.
Su ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.
Comment Abigaël est - elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille? Par quel miracle a - t - on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s'exiler pour deux jours en famille? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle - même. 


Après quelques petites déceptions, j'avais néanmoins hâte de retrouver Thilliez. Ce coup - ci fut une réussite. 
Abigaël est psychologue, elle aide la police dans les affaires criminelles. Sa particularité? Aller faire une petite sieste en pleine réunion. Abigaël souffre de narcolepsie. Alors qu'ils travaillent depuis plusieurs mois sur des enlèvements d'enfant, Abigaël a un accident de voiture. Elle en sort indemne, mais pas son père ni sa fille. Impossible pour elle de revenir au travail. Et pourtant... elle continue de faire des rêves, des rêves dans lesquels elle puise des indices, des rêves qui l'emmènent sur les traces du suspect. Mais le principal problème d'Abigaël, c'est qu'elle ne sait pas toujours où se situent le rêve et la réalité. Alors, pour savoir si ce qu'elle vit est réel, elle se mutile. Seule la douleur physique est capable de lui dire si elle rêve ou non. Quant à la douleur morale, la perte de sa famille, elle est constante. Parallèlement à l'enquête policière, elle doit savoir ce qui s'est passé le soir de l'accident car il y a quelque chose qui n'est pas normal.

Oui, on pourrait croire que cette femme est complètement cinglée. D'ailleurs, plus on lit, plus on avance dans ce roman et plus on croit devenir cinglés aussi. Abigaël ne distingue parfois plus le rêve de la réalité et nous non plus. Elle part dans tous les sens et nous avec. Personne ne la croit, son entourage commence à se poser des questions et nous on doute. On la suspecte même à certains moments d'être la coupable. Mais le plus souvent c'est un sentiment de compassion qui nous gagne. Prisonnière d'elle - même, elle n'a aucun repos, aucun échappatoire, elle soit subir, jour après jour, des rêves (ou pas), des crises de cataplexie, le regard des autres, le regard sur elle - même...
L'enquête? Ben oui, il y a quand même une enquête. Plusieurs enfants ont disparu, à différents endroits en France. Difficile de faire le lien entre eux. Le kidnappeur n'a laissé aucun indice...jusqu'à ce qu'il relâche un des enfants, qui ne parle pas (traumatisé) mais qui hurle dès qu'il voit Abigaël! Les enquêteurs sont dans l'impasse...et nous aussi. Mais nous sommes tellement focalisés sur Abigaël et sa "folie"... qui nous emmène sur les traces de son père. Car c'est bien la deuxième énigme : pourquoi son père avait voulu l'emmener du jour au lendemain en week -end? Quels secrets cachait - il? 
Ce roman ne va pas dans l'ordre chronologique, les chapitres alternent entre deux années, 2014 et 2015. Je ne me suis pas franchement posée plus de questions que ça pendant ma lecture, j'ai lu comme ça venait, et par rapport à d'autres romans où un changement d'époque est flagrant, je ne m'en suis ici pas préoccupée du tout. De même, l'auteur nous évoque en début de livre qu'il manque un chapitre...je pense que je ne m'en souvenait pas quand j'y suis arrivée (au fameux chapitre). Je ne dévoilerai bien sûr pas pourquoi il manque un chapitre, il faut aller jusqu'au bout du livre pour le savoir!

Avec ce roman, j'ai renoué avec Thilliez! Disons que je retrouve le Thilliez que j'avais aimé. Rêver est excellent! 


Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (596 pages)


du challenge  Thriller et Polar


et du Défi Lecture 2016 , Catégorie 49 : Un livre dont l'auteur fait partie de la ligue de l'imaginaire. 



dimanche 18 décembre 2016

L'enfant du lac

1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a - t - il pu disparaître durant la nuit de la Saint - Jean? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.
Soixante - dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune inspectrice londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désoeuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des soeurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.


C'est le deuxième roman de Kate Morton que je lis et je me suis régalée.
Sadie, jeune inspectrice, prend quelques jours de vacances forcées chez son grand - père en Cornouailles. Lors de son jogging quotidien, elle découvre une demeure ancienne et abandonnée, regorgeant de secrets. Là, en 1933, un petit garçon d'à peine un an, Theo Edevane, a disparu sans laisser de traces. Un mystère que Sadie ne peut pas s'empêcher de vouloir éclaircir. Par chance, Alice, une des soeurs du jeune Theo, est encore en vie. Sadie espère, grâce à elle et ses recherches approfondies aux archives de la bibliothèque notamment, découvrir ce qu'il s'est vraiment passé ce soir - là, pendant la fête du solstice. 

C'est l'histoire de toute une famille... A sa tête, Constance deShiel, la grand - mère. Sa fille, Eleanor, mariée à Antony Edevane et leurs trois filles, Deborah, Alice et Clementine. Vient ensuite le petit dernier, Theo. Et il y a les amis de la famille, Daffyd Lewellyn, Howard...
Constance deShiel, femme désagréable, mère autoritaire, grand - mère distante. On aurait presque envie de l'ignorer mais elle est là et semble déterminée à garder un secret malgré sa sénilité qui lui en fait dire un peu trop.C'est aussi celle qui connaît depuis le plus longtemps Mr Lewellyn et qui semble guère l'apprécier. Au contraire de sa fille Eleanor qui s'est prise d'affection pour ce monsieur depuis son plus jeune âge et qui deviendra son plus grand confident une fois adulte. Eleanor, qui a la chance de croiser Anthony, jeune homme beau, intelligent, généreux et ambitieux. Que la vie est belle à ses côtés...jusqu'à la guerre. La première guerre mondiale n'emportera pas le corps d'Anthony Edevane mais lui prendra sans nul doute le bonheur qu'il avait si chèrement acquis. Même si les Edevane semblent heureux et amoureux comme au premier jour, même si la disparition de Theo les a unis plus que détruits, c'est comme si une légère brume s'était installée durablement dans le paysage. La jeune Eleanor, gaie et aventurière a laissé la place à une femme droite, loyale mais sans chaleur. 
Et puis il y a Alice, débordant d'imagination et d'histoires à raconter, qui se promène sans cesse dans les jardins de Loanneth, la demeure familiale, avec son carnet, prête à y noter tout ce qui lui passe par la tête. Alice, rêveuse et bientôt amoureuse. Ben Munro, le nouveau jardinier, devient le confident de toutes ses pensées. 
Lorsque Sadie rencontre Alice, celle - ci est octogénaire et une célèbre romancière. Alice a longtemps ruminé ce qu'elle a pu voir ce soir - là de 1933, il est grand temps de soulager sa conscience.

Une intrigue qui ne peut laisser de marbre, des chapitres alternant entre les années, des personnages qui traversent les époques, heureux, malheureux, jeunes, vieux, amoureux, soucieux, malades, vivants, morts...Chaque personnage a son histoire, décrite du mieux possible. Chacun possède ses secrets, quis e dévoilent au fur et à mesure. On ne peut qu'être bouleversé par la vie d'Eleanor, compatissante, on sourit devant l'insouciance des trois jeunes soeurs, on compatit devant le sort d'Anthony, on se questionne sur le mystérieux Lewellyn...C'est un roman passionnant, qu'on n'a pas envie de lâcher. C'est sans conteste la vie à Loanneth, dans la magie des jardins, que j'ai préféré me plonger. La maison du lac a quelque chose de féerique, elle relève presque d'un conte. Pas étonnant qu'elle recèle autant de secrets. Un roman dont je me suis régalée je disais, que j'imaginais être un coup de coeur jusqu'à...la déception. Alors, je ne peux pas expliquer cette déception sinon je dévoilerai le secret de Loanneth...mais vraiment, pour ceux et celles qui l'ont lu... c'était tellement "gros" cette révélation, pas tiré par les cheveux mais presque. C'est d'autant plus décevant que le reste du roman était parfait. Flûte! 

NB : La couverture de ce roman, j'adore. Et ça aussi, c'est important. 

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (632 pages)


et dans le cadre du Défi Lecture 2016
Catégorie 2 : Un livre choisi par quelqu'un d'autre



vendredi 9 décembre 2016

Pétronille

Lors d'une signature dans une librairie, une romancière célèbre fait la rencontre d'une de ses lectrices, une fille étonnante aux allures d'éternelle adolescente, elle aussi écrivaine. Férue de champagne, l'auteur cherche depuis longtemps la compagne idéale de griserie. Et si elle l'avait trouvée? 


Après une expérience de recherche d'ivresse intense et exquise, le narrateur, célèbre écrivain, tente de trouver la compagne de beuverie ou plutôt, la convigne. C'est en séance de dédicace qu'elle va finalement la trouver, en la personne de Pétronille, jeune, pétillante et tout aussi fofolle. Démarre alors une belle amitié remplie de soirées arrosées de champagne. 

C'est sans aucun doute le roman que j'ai préféré pour le moment d'Amélie Nothomb. Je l'ai choisi au hasard et j'ai bien fait! Est - ce parce que moi aussi, j'adore le champagne? Peut - être..."J'ai compris que l'esprit du champagne approuvait ma conduite : je l'avais accueilli comme un hôte de marque, je l'avais reçu avec une déférence extrême, en échange de quoi il me prodiguait ses bienfaits à foison"

On ne peut pas résumer ce roman par "une histoire de copines de beuverie", certainement pas. Il s'agit là d'une réelle histoire d'amitié, entre deux jeunes femmes franches, parfois tranchantes. Une histoire d'amitié avec ses hauts et ses bas, tendre et pudique. Avec entre elles deux, l'amour du champagne, ce délicieux breuvage menant à un "état de conscience augmenté". Moi aussi, je veux être leur copine ! 

Mis à part le champagne, ce que j'ai particulièrement aimé, c'est la perception des choses de l'auteur. Par exemple, cette histoire de physique et de physionomie. "Au premier coup d'oeil, il y a des êtres qu'on aime et des malheureux qu'on ne peut pas encadrer". Amélie Nothomb tombe juste, très souvent. Elle décrit parfaitement des faits. Il n'y a aucun jugement, c'est comme ça, c'est tout. J'aime beaucoup son écriture, à la fois simple et pourtant recherchée. On glisse sur les mots comme le champagne sur la langue, j'ai adoré. 
Il y avait également beaucoup d'humour, surtout dans les dialogues entre les deux femmes. On y ressent aussi la différence de caractère : l'une presque criarde lorsqu'elle parle alors que l'autre est plus sur la réserve ou en tous cas, le ton est plus grave, plus posé. La légèreté face à la gravité, la tempête qui se heurte au silence. 

Je ne regrette pas une seconde cette lecture, j'en suis extrêmement ravie et je vous la conseille vivement et, en plus, elle ne vous prendra pas longtemps. 

Lu dans le cadre du Défi Lecture.
Catégorie 5 : Un livre écrit par un auteur belge. 

mercredi 7 décembre 2016

Esprit d'hiver

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...



C'est le matin de Noël. Holly se réveille et se rend compte qu'il est très tard. Son mari est en retard pour aller chercher ses parents à l'aéroport et ils ont râté leur traditionnel moment des cadeaux avec leur fille. Le mari d'Holly file en quatrième vitesse et Holly reste chez elle avec Tatiana pour préparer les festivités.

L'étrangeté de ce roman m'a frappée d'emblée. Holly se réveille, elle a envie d'écrire quelque chose sur son rêve, surtout cette phrase qu'elle ne cesse de répéter : Quelque chose les avait suivis de la Russie jusque chez eux. 
En effet, Tatiana est une petite fille qu'ils ont adopté, treize ans plus tôt en Sibérie. Au fil des pages, Holly se remémore quelques passages de cette adoption, leurs rencontres avec le bébé à l'orphelinat, les échanges avec les infirmières.

Holly est pressée, elle a tant de choses à faire : dresser la table, préparer le rôti... et Tatiana qui semble faire la tête, peut - être à cause de leur réveil tardif? Holly a du mal à établir le dialogue avec sa fille, après tout, c'est une adolescente, c'est normal...mais est - elle vraiment obligée de gâcher cette journée de Noël?

C'est une ambiance vraiment étrange qui pèse dans ce roman. J'ai ressenti un malaise dès le début et ce, tout du long. Une atmosphère lourde, chargée, parfois glacée (amplifiée par le blizzard). Il y a quelque chose qui n'est pas normal mais impossible de savoir quoi. Les tensions se ressentent fortement, entre les personnages, en Holly elle - même qui tente de combattre ses propres démons (mais quels sont - ils?), dans le lieu même qui, au lieu d'être un chaleureux endroit de fête, s'avère être une maison froide, presque sans vie.

Cette tension permanente, cette inquiétude qui ne nous lâche pas...je n'ai pas aimé. Ce roman m'a mis dans un état qui ne m'a pas plu du tout. Pourtant, c'était sans aucun doute l'objectif de l'auteure. Son roman, pour ce qu'elle a voulu en faire, est très réussi! Mais pour une lectrice comme moi, ça ne fonctionne pas. Je n'aime pas ressentir des émotions aussi négatives quand je lis. Lorsque je parlais de ma lecture en cours, j'ai dit, à chaque fois, "C'est bizarre", "Ce livre est trop bizarre".
La dernière page m'a laissée sans voix.
Ce livre est excellent dans sa construction et son ensemble mais il n'était pas pour moi.

Lu dans le cadre du Défi Lecture.
Catégorie 60 : Un livre dont le titre contient une des saisons

Les âmes vagabondes

Il est temps que je me remette à mes chroniques car je suis très très en retard. Le livre qui suit, je l'ai lu en...Juillet! La Terre...