mercredi 4 juillet 2018

Un papillon sous la neige

À Boston, Nina, une ancienne étoile du Bolchoï surnommée Papillon, met aux enchères ses précieux bijoux, emportés lors de son exil. C'est alors que Grigori, un homme d'origine russe, la contacte pour lui poser la plus incroyable des questions: est-il l'enfant qu'elle aurait abandonné? Chassé par la danseuse, Grigori, bien décidé à découvrir la vérité, va fouiller dans la vie de Papillon en Russie, un passé fait d'énigmes et de secrets.
Pourquoi s'est - elle enfuie de son pays? Quel est le mystère qui entoure la mort de son mari Viktor? En levant peu à peu le voile sur ce terrible destin, Grigori apprendra que la réalité se cache toujours là où on ne l'attend pas...



Les personnages (non exhaustifs):
- "aujourd'hui": Grigori, Drew, Nina, Cynthia, Zoltan
- "du passé": Nina plus jeune, Viktor, Vera, Gersh, Zoïa, Polina

Tout commence par le lot n°7: des boucles d'oreilles en diamants...
Et puis, nous avons le droit à un lot de bijoux décrit avant chaque chapitre (à vrai dire, j'en avais marre et à la fin je ne les lisais plus). 
Ceci dit, c'est tout à fait logique et même plutôt une bonne idée puisque l'histoire précise que Nina Revskaïa met ses bijoux aux enchères. Seulement, c'est tellement insipide...

Bref, comme le dit la quatrième de couverture, Grigori veut connaître son histoire...seulement Nina n'a aucune envie de remuer le passé et l'envoie bouler...Mais nous, lecteurs, nous plongeons dans le passé de la danseuse en Russie, ce sont d'ailleurs les meilleurs moments du roman.

Dans le passé de Nina, il y a Viktor, son mari poète; Vera, sa meilleure amie, danseuse elle aussi; Gersh, le meilleur ami de Viktor, qui est musicien et contre le gouvernement russe; il y a aussi quelques personnages secondaires comme Polina, une danseuse du Bolchoï et Zoïa, amoureuse de Gersh qui toutes deux ont un rôle à jouer dans l'histoire. Cette histoire, je ne peux la raconter sans spoiler donc je vais m'abstenir. Toujours est-il que nous entrons dans le monde "merveilleux" du Bolchoï. Oui, je mets le mot merveilleux entre guillemets car il s'agit plutôt d'un univers qui fait rêver en général: le grand théâtre du Bolchoï, les tutus, la danse, le lac des cygnes...Mais tout ça sous la dictature de Staline qui utilise l'art comme propagande de la politique russe. Les artistes doivent servir et glorifier Staline! Seulement Gersh n'est pas de cet avis. C'est ici qu'intervient Zoïa, celle qui va lui permettre, peut-être, de ne pas se faire arrêter.

Dans les autres pages de ce roman, il s'agit essentiellement de construire le roman autour de Grigori et Drew, cette jeune femme qui s'occupe de la vente aux enchères. C'est un moyen de pouvoir intégrer les pages du passé.

Il s'agit d'un roman qui se lit plutôt bien mais il ne m'a pas autant touchée que ce que j'imaginais. Moi qui adore l'Histoire russe et le monde de la danse, je m'attendais à être un peu plus transportée. Il n'est pas mauvais...il n'est pas non plus sensationnel. 


Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (579 pages)




vendredi 22 juin 2018

La petite boulangerie du bout du monde

Quand son mariage et sa petite entreprise font naufrage, Polly quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d'une île des Cornouailles. Quoi de mieux qu'un village de quelques âmes battu par les vents pour réfléchir et repartir à zéro?
Seule dans une boutique laissée à l'abandon, Polly se consacre à son plaisir favori: préparer du pain. Petit à petit, de rencontres farfelues - avec un bébé macareux blessé, un apiculteur dilettante, des marins gourmands- en petits bonheurs partagés, ce qui n'était qu'un break semble annoncer le début d'une nouvelle vie...


Un roman feel good, c'est comme ça qu'on dit, non?
J'aime bien de temps en temps lire ce genre de roman, sans prise de tête...où tu te dis "tout est possible" et où tu sais qu'il y aura un happy end. Mais souvent, je suis frustrée. Car tout est tellement prévisible.
Mais bon, je l'aime bien Polly, ça aurait pu être une bonne copine. Le problème, c'est qu'elle n'a que des qualités (ou presque) alors finalement elle est peut-être un peu énervante, ce serait peut-être pas ma copine en fait...Hum, je sens cette chronique très instructive...
Polly débarque sur une île pour changer de vie...déjà ça, ça me plaisait parce que j'aime les îliens (mon mari est un îlien en fait...). Elle rencontre des pêcheurs un peu bourrus mais très gentils (et très clichés aussi), une gentil vétérinaire et une propriétaire vraiment très désagréable. Sinon, on a l'impression qu'il n'y a personne d'autre qui vit ici! Et puis bien sûr, elle rencontre également Huckle, un apiculteur américain (on le voit tout de suite venir celui-là).
Et puis, on entend parler de son ex complètement paumé et de sa copine excentrique et perchée.
Et puis, il y a Neil avec qui elle va vivre une véritable histoire d'amour. Neil, un oiseau.
Pour s'occuper sur cette île, elle cuisine ou plutôt elle boulange...elle adore ça depuis toujours. Oh et puis, c'est marrant, elle a emménagé au-dessus d'une ancienne boulangerie et puis oh, hasard, la boulangerie de l'île est vraiment dégueulasse. Je dis ça, je dis rien...

Et bien oui, comme je le disais, c'est super prévisible tout ça. Mais bon, c'est une histoire très sympathique à lire, parfaite pour les vacances! Et puis, à la fin, vous trouverez quelques recettes à réaliser car après avoir lu ce roman, vous n'aurez qu'une envie: cuisiner!
Allez, je vais aller faire du pain moi...

jeudi 21 juin 2018

Les ombres de Rutherford Park

Pour la famille Cavendish, Rutherford Park est bien plus qu'une propriété. C'est un mode de vie régi par des règles strictes, des réceptions somptueuses...mais aussi par des désirs inexprimés et des non-dits.
Octavia Cavendish, la maîtresse de maison, vit comme un oiseau dans une cage dorée. Son mari William a fait fructifier la fortune de la famille, mais il étouffe dans son rôle. Quant à Harry, leur fils, il ne rêve que de participer à l'aventure de l'aviation naissante plutôt que de suivre sagement les traces de son père.
La veille de Noël 1913, le monde bien rangé de Rutherford Park se fissure. Octavia découvre que son mari dissimule un lourd secret depuis des années. Et puis, il y a Emily, une femme de chambre, qui est sur le point de faire éclater un scandale qui risque de ruiner la famille...


Ah la campagne anglaise! Ces livres sont mes préférés quelle que soit l'intrigue d'ailleurs. Encore plus lorsqu'il s'agit de la période victorienne. Ce n'est pas le cas ici puisque nous sommes juste avant la première guerre mondiale, à l'heure où les anglais ne s'imaginent pas une seule seconde que leur pays entrera vraiment en guerre.

Octavia. C'est un joli prénom, enfin moi j'aime bien. Octavia est une personne triste à l'intérieur. Elle regrette les premières années d'amour avec son mari William. Cet homme qu'elle a aimé et avec qui elle croyait avoir une vie heureuse...elle ne le reconnaît plus. Seuls compte la gestion du domaine et les convenances. On en revient toujours au même: les apparences. Mais qu'y a-t-il de mal à marcher nus-pieds dans l'herbe?

Octavia a un secret. Qui est aussi celui de son fils. Son fils Harry, qui mène une vie dévergondée depuis la mort de celle qu'il aimait et du mépris de son père.
William aussi a un secret, dévoilé au grand jour malgré lui.
Désormais, il faut vivre avec. Octavia réussira-t-elle à surmonter cette douloureuse épreuve?

Il n'y a rien d'exceptionnel dans ce roman. Que du basique si j'ose dire! Des secrets de famille, une immense propriété anglaise, des bals de débutante, des bâtards, des hommes et des femmes qui veulent briser les convenances et vivre enfin comme ils le désirent. Oui vraiment, rien d'exceptionnel.
Mais j'aime. C'est une chose qui ne s'explique pas, l'amour. De l'Angleterre, des robes et des dîners chics, des histoires d'amour entre gens de toutes classes sociales, de la rencontre entre deux beaux jeunes gens, de l'amour impossible...
Oui j'aime tout ça.
Alors ce livre, je l'aime aussi.

C'était ma chronique gnangnan.

Bonne journée!

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois
446 pages format moyen. 


Extrait p271:
"Elle aurait voulu que Rutherford lui offre ce qu'elle désirait par-dessus tout: la liberté, la possibilité de choisir, de créer ou de commander, et non le fardeau des traditions et un mari qui s'accrochait à son prestige. Elle avait rapidement appris ce que serait son rôle: renforcer la maison, les Cavendish, la famille. Devenir une Beckforth, dans son coeur et dans son âme. "Calmée". Sa bouche se tordit légèrement au souvenir de ce compliment. La tranquillité et l'ordre. William n'aspirait à rien d'autre. Surtout ne pas bousculer le statut quo." 

mercredi 13 juin 2018

Les enfants de la liberté


"Il y a dix minutes je m'appelais encore Raymond, depuis que je suis descendu au terminus de la ligne 12, je m'appelle Jeannot. Jeannot sans nom. À ce moment encore doux de la journée, des tas de gens dans mon monde ne savent pas ce qui va leur arriver. Papa et maman ignorent que bientôt on va leur tatouer un numéro sur le bras, maman ne sait pas que sur un quai de gare, on va la séparer de cet homme qu'elle aime presque plus que nous. 
Moi je ne sais pas non plus que dans dix ans, je reconnaîtrai, dans un tas de paires de lunettes de près de cinq mètres de haut, au Mémorial d'Auschwitz, la monture que mon père avait rangée dans la poche haute de sa veste, la dernière fois que je l'ai vu au café des Tourneurs. Mon petit frère Claude ne sait pas que bientôt je passerai le chercher, et que s'il n'avait pas dit oui, si nous n'avions pas été deux à traverser ces années-là, aucun de nous n'aurait survécu. Mes sept camarades, Jacques, Boris, Rosine, Ernest, François, Marius, Enzo, ne savent pas qu'ils vont mourir en criant "Vive la France", et presque tous avec un accent étranger."

Jeannot et Claude, son petit frère, ont rejoint la Résistance. Ils sont une petite bande, tous venant d'horizons différents mais avec un objectif commun: se battre contre le gouvernement Pétain. Ils ont peur, souvent faim mais jamais ils ne renoncent: lancer des tracts, trafiquer des trains, voler...ils agissent sans relâche pour leur liberté.
Marc Lévy nous embarque au coeur de la Résistance française où règne l'angoisse et la peur, la faim et l'insomnie mais aussi l'amitié, la fraternité et la solidarité. On ne peut être indifférents au sort de ces jeunes gens, presque des enfants pour certains, qui se battent pour vivre, dans un pays envahi par les nazis. Ils savent qu'ils peuvent se faire prendre et mourir à n'importe quel moment mais ils préfèrent mourir en s'étant battu que rester spectateurs du désastre de la guerre et du gouvernement de Vichy.

J'ai été agréablement surprise par cette lecture: je ne m'attendais pas du tout à une telle histoire (et je n'avais pas de quatrième de couverture) de la part de cet auteur. Tellement d'ouvrages racontent les histoires de personnes ayant vécu la guerre: il s'agit du premier que je lis concernant la Résistance et ça change un peu. Le combat des rues, bien au chaud sous sa couette, un roman qui va droit au coeur.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (435 pages). 


lundi 16 avril 2018

La traversée du paradis


1920. A l’heure où Lénine et les Bolcheviks font régner la Terreur rouge, l’espion français Charles Hirscheim, devenu l’espion allemand Gustav Lerner, est envoyé en mission en Russie. Il s’y fait passer pour un communiste. Il est en réalité à la recherche de la femme qu’il aime, Tamara, jeune danseuse de cabaret qu’il a rencontrée à Berlin et qui a mystérieusement disparu du jour au lendemain…

Dans ce grand roman d’amour et d’aventures, Antoine Rault raconte le destin de personnages inoubliables, Allemands, Russes et Français, à travers lesquels il dresse le portrait de toute une époque : celle de l’Europe des années vingt bouleversée par la guerre et la Révolution communiste


J'avais eu un coup de coeur pour La danse des vivants, j'ai retrouvé non sans émotion le personnage de Charles/Gustav. 
Charles alias Gustav (ou Gustav alias Charles) décide de quitter l'espionnage et s'installe chez Mona, la mère de Gustav. Elle sait que l'homme qui est arrivé chez elle n'est pas son fils mais peu importe, elle décide de s'occuper de lui comme s'il était de son propre sang. 
Pendant un moment, Charles fait semblant: une petite vie tranquille dans une petite ville, une maison douillette, un travail honnête...mais son destin le rattrape...Les Allemands l'embarquent et lui lancent un ultimatum: soit il redevient un espion pour l'Allemagne, soit il est fusillé pour trahison. Charles  résiste. Seul Dieter réussit à la faire changer d'avis: ayant écrit une fausse lettre signée de Tamara, le grand amour de Charles, qui le prie de venir le rejoindre en Russie. Bouleversé, Charles va risquer sa vie pour rejoindre sa bien-aimée.
De son côté, Tamara est retournée en Russie après son séjour à Berlin, pour retrouver sa famille et en particulier sa fille, Sonia. Mais lorsqu'elle arrive là-bas, elle va de désillusion en désillusion. Petrograd est devenue une ville morte, souffrante, sale. Le communisme  a détruit sa jolie ville et tous ses habitants... Bien sûr, elle n'a jamais écrit à Charles, qui pour elle est Gustav, et, même si elle pense de temps en temps à lui, il n'est qu'une tendre histoire appartenant au passé...
Charles part donc avec Dieter et Pavel en Russie, infiltrer le Parti communiste. La seule ambition de Charles est de retrouver Tamara (tout comme celle de Pavel, d'origine russe, est de retrouver sa famille) et c'est aidé de ses deux nouveaux amis qu'il part à sa recherche. 

Ce roman est assez différent de La danse des vivants: j'en ressors disons, un peu plus calme! Il est plus doux, tranquille...un peu moins palpitant et intriguant: la fin est beaucoup plus prévisible. 
L'Histoire russe et le communisme y sont très bien décrit: d'ailleurs, on se rend compte à quel point tout un chacun pouvait se laisser berner par les belles paroles communistes. Ce monde idéal, où tous les hommes (et femmes!) sont égaux, une société de droits où on ne paie rien. Moi aussi, je signe tout de suite! Oui, on peut comprendre tous ces gens qui ont cru en cette grande utopie, surtout après une guerre sanglante. Ce que l'on comprend moins, en revanche, c'est le fait de tuer des gens sous le couvert du communisme. La terreur plane, la Tchéka veille. 
Oui, malgré les apparitions de Lénine et d'autres noms bien connus (comme Trotski entre autres), malgré l'ancrage réel dans l'Histoire, on suit la quête d'amour de Charles et non l'espionnage du camp ennemi. Tout est tourné sur la recherche de Tamara et l'espoir de la retrouver. Je ne dis pas que ça ne m'ai pas plu, au contraire, mais je m'attendais tout de même au frisson de l'espionnage. Cependant, on n'est pas au bout de nos surprises et il ne s'agit pas non plus d'une romance. J'ai réactualisé quelques bribes de l'histoire russe et appris quelques détails aussi sur le communisme (c'est bien car je ne suis pas très calée en politique). 

Un pari encore réussi pour Antoine Rault qui mêle l'Histoire et le roman d'une main de maître. 

Merci à Babelio et aux Editions Albin Michel pour l'envoi de livre (et merci à Antoine Rault pour ces romans brillants). 

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (568 pages)


dimanche 4 mars 2018

Le sang versé

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l'atmosphère crépusculaire du Grand Nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l'avocate fiscaliste Rebecka Martinsson, est sous le choc: le pasteur de la paroisse-une femme- vient d'être assassiné. Son corps a été sauvagement mutilé et pendu à l'orgue de l'église. Après un long congé maladie, Rebecka, en mission là-bas pour son cabinet d'avocats, remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d'un autre meurtre, celui d'un pasteur également, un an plus tôt.


Un livre depuis longtemps dans ma PAL, enfin sorti. S'il est resté longtemps à attendre son heure, ce n'est finalement pas un hasard. Peut-être une intuition?

Oui parce que bon...l'histoire n'est pas mal. Pas mal du tout même. Un meurtre assez horrible je dois dire, qui plus est sur une servante de Dieu. Pas le moindre indice pour les enquêteurs, Anna-Maria et Sven-Erik. Jusqu'à ce que Rebecka Martinsson, une avocate dépressive leur apporte un début de piste. Rebecka, un personnage plutôt énigmatique et un peu agaçante. J'ai eu un peu l'impression d'avoir affaire à une personne qui se plaint tout le temps, qui n'est jamais contente, etc...À l'opposé du genre de personnes que j'aime côtoyer. Oui, d'accord, quand on est en pleine déprime on n'est pas très joyeux, c'est sûr. Ce n'est pas que je manque d'empathie, non pas du tout...
De plus, je me suis un peu demandée ce qu'elle faisait là. Mis à part avoir donné un indice aux enquêteurs, elle n'apporte pas grand chose à l'histoire. Par-contre, j'ai bien aimé sa relation avec Manne, un jeune garçon handicapé. Leur relation était assez touchante, comme une espèce de thérapie l'un pour l'autre.

Pour ce qui est de la femme pasteure assassinée, Mildred, une bonne personne, qui a voulu tout chambouler (en bien) dans le petit village. Ce qui évidemment, n'a pas plus à tout le monde. Du coup, des ennemis, elle s'en ai fait plein! Mais qui est le coupable? Pas facile à deviner sauf quand on se penche sur tous les différents personnages qui interviennent et qu'on observe ceux qui reviennent le plus souvent.

Entre quelques chapitres, on trouve l'histoire d'une louve Gula Ben. Non, ça ne vient pas comme ça, de nulle part, il y a effectivement une histoire d'association de lutte pour la protection des loups dans la région. Je dois dire que si ces petits chapitres de Gula Ben n'apparaissaient pas, ça ne m'aurait pas dérangé.

L'atmosphère est glaciale (un peu comme en ce moment dans les régions de France) et on ressent ce froid tout du long. Il est facile de s'imaginer les paysages et on se d'autant mieux, bien installés sous notre couette.

En résumé, rien de bien transcendant. Je n'ai pas été fan de cette enquête, ni des personnages.

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar


vendredi 2 mars 2018

Le violoniste

Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilia Grenko quitte la salle sous un tonnerre d'applaudissements, son Stradivarius à la main, il est arrêté par le KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilia signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil. Et son violon, d'une valeur inestimable, disparaît à jamais. 
Deux générations plus tard, Sacha, le petit-fils d'Ilia, se met en quête du Stradivarius et découvre l'histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine. 


Sacha ne sait pas ce qui l'attend quand il décide de prendre l'avion suite à l'appel de sa soeur qu'il n'a pas vue depuis presque vingt ans. Et nous non plus. À vrai dire, ces passages se passant à l'époque "d'aujourd'hui" sont les moins intéressants. Ils ne servent qu'à faire le lien entre le présent et le passé. Car Sacha va, malgré lui, se mettre dans une recherche effrénée du fameux Stradivarius de son grand-père. Je ne parlerai pas de ces épisodes sur les recherches de Sacha et son aboutissement car pour moi, tout est un peu trop "gros" et facile.

En revanche, j'ai été passionnée par l'histoire des grands-parents de Sacha. Ilia, son grand-père, célèbre violoniste, et Galina, sa grand-mère. Comme le dit la quatrième, Ilia a été arrêté par le KGB et envoyé au goulag. Il pense que ses faux aveux ont mis sa femme et ses enfants à l'abri. Or, Galina est envoyé en exil et doit se battre pour sa survie, tout comme Ilia dont la vie est devenue un enfer. Personne ne sait, y compris sa femme, qu'il est emprisonné. Tout le monde le croit parti mener la belle vie à l'étranger, abandonnant femme et enfants. Cela doit être la même chose pour cet autre musicien qu'il croise aux abords de la cantine, amaigri, les yeux fous... Galina a du mal à croire qu'Ilia ait pu les laisser mais elle finit par se résigner: elle n'a aucune nouvelle de son mari. Elle tente de s'adapter à sa nouvelle vie, travaillant dur pour espérer de quoi avoir à manger et se chauffer. Dans son malheur, elle rencontre Lydia et Aivars, de précieux amis avec qui elle va peu à peu se reconstruire. Ilia est toujours dans son coeur, malgré sa trahison.

Beaucoup d'émotions m'ont traversées pendant cette lecture. J'ai presque pleuré lors de la lecture de la lettre d'Ilia à sa femme, qu'il a pu faire passé un jour hors du goulag. Toutes ces souffrances, cet amour que l'auteure a si bien transcrit. L'amour d'Ilia pour sa famille, mais aussi pour la musique. Sa passion pour le violon devient peu à peu un vague souvenir. La perte de deux de ses doigts lui fait prendre conscience que son ancienne vie est définitivement terminée. Il ne reverra plus jamais sa famille, il ne jouera plus jamais de violon. Mais une chose est sûre, son instrument, qu'on lui a pris pendant son arrestation, doit revenir à sa famille. Dans sa lettre, il charge Galina de retrouver son Stradivarius. Celle-ci n'a pas réussi à satisfaire cette dernière volonté, ses enfants, Pavel et Ossip, non plus. Ils sont décédés tous les deux brutalement, dans des accidents. Mais étaient-ce vraiment des accidents. C'est étrange les coïncidences entre les accidents et les recherches parallèles menées pour retrouver le violon. Et si quelqu'un s'arrangeait pour que personne ne retrouve le fameux Stradivarius?

Un roman court, passionnant et bouleversant.

Lu dans le cadre du challenge Thriller et polar




Un papillon sous la neige

À Boston, Nina, une ancienne étoile du Bolchoï surnommée Papillon, met aux enchères ses précieux bijoux, emportés lors de son exil. C'es...