lundi 20 février 2017

Love letters to the dead

Tout a commencé par une lettre...
Une simple rédaction demandée par un prof : écrire à un disparu. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande soeur May l'adorait. Et qu'il est mort jeune, comme May. Si elle ne rend jamais son devoir, très vite, le carnet de Laurel se remplit de lettres à Amy Winehouse, Heath Ledger...A ces confidents inattendus, elle raconte sa première année de lycée, sa famille décomposée, ses nouveaux amis, son premier amour. Mais avant d'écrire à la seule disparue qui lui tient vraiment à coeur, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s'est vraiment passé la nuit où May est décédée.




Une si jolie couverture ne peut que donner envie de lire ce roman. C'est la première chose que l'on voit et celle - ci m'a vraiment inspirée. C'est le genre de couverture qui me donne envie de lire sans même prendre connaissance de la quatrième.



Une quatrième de couverture qui résume bien ce roman (oui parce que parfois, ce n'est pas le cas).

L'écriture de ces lettres, c'est en somme le journal intime de Laurel. En intégrant un nouveau lycée, elle espère que personne ne lui parlera de sa soeur décédée. Elle souhaite entamer une nouvelle vie dans laquelle les gens la voient comme une fille "normale", sans compassion, sans pitié. Laurel se fait de nouveaux amis et découvre les joies d'une vraie vie de lycéenne. Malheureusement, ses démons la rongent. Son sentiment de culpabilité est omniprésent, sa soeur l'obsède et elle est incapable de faire sortir sa douleur. Malgré la confiance qu'elle peut avoir en son nouveau petit ami, Sky, les mots sont enfouis en elle, profondément enracinés. Seules les larmes peuvent encore couler, sans crier gare. 
Le soir où May est morte, seule Laurel était présente. Elle est la seule à pouvoir dire ce qui s'est passé...mais elle n'a jamais rien dit. Mais vivre avec le poids de ce secret est une rude épreuve. 

Ce roman traite de beaucoup de sujets, des maux quotidiens des adolescents aux expériences plus difficiles de la vie de tout un chacun : l'amitié, le premier amour, l'acceptation, la quête d'identité, l'estime de soi, la popularité, les relations homosexuelles, les conflits de génération, le deuil...

La principale difficulté de Laurel, c'est de surmonter la culpabilité qu'elle éprouve dans la mort de sa grande soeur. Bien qu'elle essaie de refouler tout ce qui tourne autour de sa mort, de ce soir - là, elle sait que ce n'est pas en refoulant ses souvenirs, bien au contraire, que c'est en les extériorisant, qu'elle pourra enfin se laisser vivre comme une adolescente "normale". En se cachant elle - même la vérité, elle a monté sa soeur sur un piédestal. May était la plus belle, tout lui allait, May était populaire, tous les garçons posaient leurs yeux sur elle, May était intelligente, elle aurait pu faire ce qu'elle voulait dans sa vie. May était formidable, aux yeux de Laurel en tous cas. Elle aimerait tant devenir comme May...alors elle lui emprunte ses jolis vêtements et se fait de nouveaux amis auprès de qui elle se sent populaire et pourquoi pas jolie, elle aussi.

May ne parle à personne de sa soeur. Ni à ses amis, ni à son petit ami, ni à son père, ni à sa mère, ni à sa tante...Pourquoi? Qu'est - ce - qu'il y a de si terrible à dire pour ne pas pouvoir en parler?
Sa culpabilité dans la mort de May a été décuplée quand sa mère est partie vivre à l'autre bout du pays. Pour Laurel, le départ de sa mère est de sa faute. En fait, tout est de sa faute...

J'ai beaucoup aimé l'histoire et la forme que l'auteure a choisi pour raconter son histoire. Les lettres aux personnalités disparues ajoutent un vrai plus à ce roman, même si parfois certaines personnalités ne m'étaient pas vraiment connues (des américains ou américaines qui n'ont à ma connaissance pas eu de succès à l'international). Il y a bien sûr, beaucoup d'émotion dans ce roman mais...parce qu'il y a un "mais". Je n'ai pas totalement adhéré au personnage de Laurel. J'étais un peu comme Sky au bout d'un moment, j'en ai eu marre et comme elle ne nous parlait pas, je me suis dit, comme lui, qu'on ne pouvait rien faire pour elle et comme lui, je l'ai quittée...pour la retrouver ensuite lors de ses révélations. Des révélations pour le lecteur et pour elle - même aussi.

Malgré ce "mais", c'est un roman que je ne regrette pas d'avoir lu même si j'en attendais autre chose finalement.

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 15 : Un livre voyageur


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