samedi 11 février 2017

Je n'ai pas toujours été un vieux con

On ne devrait jamais finir ses jours dans des draps en coton souples comme du carton, à suçoter des tuyaux comme des chiards ou à boulotter de la morphine. Je me suis toujours vu ailleurs, agonisant dans un champ de pâquerettes, chialant dans les bras d'une femme, évaporé dans le ciel après un beau "feu". Le "vieux con" qui vous parle passe pour un infatigable grincheux. Aux Primevères, la maison de retraite où il vient d'échouer, Léon renouer pourtant avec ce qu'il a toujours été. Ancien baroudeur, braqueur de banques, amoureux transi, cet amateur de coups tordus va, par amitié pour deux compagnons d'infortune, jouer un dernier tour à ceux qui croient encore qu'un vieux, ce n'est jamais qu'un...vieux. 



Léon Pannec est transféré en maison de retraite après l'incendie de son appartement. Malgré sa réticence à y aller, il va se faire deux amis, Jack, amoureux de littérature, et Roger, amoureux de pinard et de fromage. Il va devenir le confident de la jolie Marylin, son infirmière, et l'ennemi de Madame Camus, une résidente bavarde et très physionomiste... (Décidément, parfois je ne suis pas très douée pour les résumés). 

Ce roman alterne les chapitres entre la vie actuelle de Léon aux "Primevères" et sa vie passée, sa jeunesse, ses débuts dans la délinquance et plus tard dans le banditisme. 
Souvent, on s'imagine les maisons de retraite comme un lieu plein de vieux (ah oui?) qui se font chier à longueur de journée (enfin ils font des trucs que nous, on trouve hyper chiants en fait), qui puent et qui bavent, ressemblant à des zombies ou qui râlant et emmerdant le personnel du matin au soir...Et bien, ça aurait pu être cela mais voici ce que dit Léon : "Les rares pensionnaires que j'ai rencontrés en arrivant ne m'ont pas paru séniles ou baveux [...] Avant d'arriver ici, je pensais entrer au musée des horreurs. Une version gériatrique de la fin du monde. Avec ballet de croque - morts tous les trois jours et marche funèbre pour danser le samedi soir." Aux Primevères, il y a des parties de cartes et de scrabble qui n'en finissent pas, des gens muets ou trop bavards et d'autres qui font chier les gens ( a priori, personne ne bave ni ne se pisse dessus). C'est le cas de Léon Pannec. Franc et direct, il ne mâche pas ses mots quand il s'adresse aux autres, que cela les blesse ou non. Avec son humour décapant, il m'a fait beaucoup rire, mais pas que...Léon est drôle mais il est plein de sagesse et se concentre, durant ses vieux jours, à l'essentiel. 
"Il n' y a rien à regretter car peu importent les décisions que nous prenons, elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles sont, un point c'est tout". 
Voilà ce que j'ai particulièrement aimé dans ce roman : l'humour et la réflexion sur la vie

Je me suis un peu ennuyée sur les chapitres concernant le passé de Léon mais j'ai adoré ceux de son passage aux Primevères. Léon n'est pas un mauvais bougre. Au contraire, il est plein d'humanité malgré ses erreurs du passé et il est prêt à tout pour son nouvel ami Roger. Après tout, on n'a qu'une vie et la leur est bientôt finie! 
Ce roman répond à la question de Madame Camus, et à celle de Jack : Qui est Léon Pannec? 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 18 : Un livre qui parle des personnes âgées. 

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