samedi 14 février 2015

La fille sans nom



Quatrième de couverture : C'est l'histoire d'une fille livrée à la fureur destructrice d'une mère infantile et sadique. La fille se défend comme elle peut contre cette femme instable, mais aussi contre le monde extérieur : les adultes qui la jugent, ses camarades de classe qui l'évitent. Elle tourmente son petit frère, vole dans les magasins, partout elle se distingue par son comportement asocial. Jamais elle ne demande d'aide. A qui, d'ailleurs, pourrait - elle s'adresser? Elle est seule et doit se construire seule. C'est la trajectoire bouleversante d'une fille mal - aimée qui, malgré tout, possède une force et un appétit de vivre qui lui permettent d'avancer. 
Avec La fille sans nom, Angelika Klüssendorf nous fait découvrir l'une des faces sombres de l'ex - République démocratique allemande - où l'enfance n'avait pas sa place - et signe un premier roman d'une grande sobriété, sans pathos ni misérabilisme. 

Elle. C'est ainsi que cette petite fille est nommée tout au long de ce livre. 
Elle, qui subit les colères et la violence de sa mère. 
Elle, qui tente malgré tout de vivre sa vie de petite fille.
Elle, qui croit tout de même à un avenir meilleur , qui se réfugie dans les contes de fée.
Elle, qui essaie d'échapper à la mère mais qui ne peut s'empêcher de revenir vers son bourreau.
Elle, qui a vécut la plupart de son enfance sans figure paternelle. 
Elle, qui se fait quelques amis mais ne peut s'empêcher de les violenter à leur tour. 
Elle, qui malgré l'amour qu'elle porte à son frère, lui fait subir humiliations et moqueries ...

Elle, dont on ne connaîtra jamais le nom, comme si elle n'existait pas ... Pourtant, elle est là, page après page, avec son histoire. Sa triste histoire d'ailleurs, mais sans jamais se plaindre. Elle est attachante même si elle n'est pas la petite fille que l'on rêve d'avoir. Elle est même tout le contraire mais on la comprend et on lui pardonne.
C'est l'histoire d'une petite fille qui ne s'aime pas ... Mais comment le pourrait - elle alors que personne ne lui donne d'affection?
C'est l'histoire d'une petite fille qui n'aime pas, ou ne sait pas aimer ... Mais comment le pourrait - elle, on ne lui a jamais montré ...

On se demande comment une telle mère peut exister (et pourtant, il y en a tellement !), on se demande aussi pourquoi personne ne fait rien pour cette petite fille alors qu'elle se retrouve si souvent devant les autorités.

Ce roman pourrait être triste, mais il ne l'est pas.
Ce roman pourrait être sombre, mais il ne l'est pas.
Il n'est pas joyeux non plus mais malgré le destin tragique du personnage, l'ambiance y est plutôt optimiste. On cherche avec elle des lendemains plus beaux et on rêve avec elle de sa petite maison dans la forêt.

Quant à l'une des "faces sombres de l'ex - République démocratique allemande", je n'y ai pas vraiment prêté attention. Avec seulement quelques allusions à des envies d'aller à l'Ouest, je ne me sentais pas forcément en Allemagne, dans ce contexte si particulier de la RDA (je lis en même temps un roman qui en parle fortement donc l'écart entre les deux était flagrant). Cette histoire aurait pu, selon moi, se dérouler n'importe où.

J'ai beaucoup aimé ce roman, au ton résolument optimiste malgré le fond assez dramatique de l'histoire. Je remercie les Presses de la Cité pour l'envoi de ce livre ainsi que Babelio et son opération Masse critique qui m'a permis de le lire.

Ma note : 4/5


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Arrêtez-moi

Que feriez-vous si vous connaissiez le jour et l'heure exacts de votre mort? Pour Charlie Grant, ce sera le 21 janvier à 8 heures préci...