mardi 24 novembre 2015

L'arménienne

L'arménienne - L'indestructible fil de la vie

L'histoire d'un indestructible "fil de vie" de mère en fille.
"Je suis l'enfant de multiples orages, la fille de rivières de sang. L'Arménie m'a enfantée, mais le pays de mon coeur a été détruit. Gamine, à Paris, j'ai écouté les échos lointains du peuple arménien qui a été égorgé là - bas, en 1915. Toute ma vie, j'ai entendu parler de "là - bas". Achrène, ma grand - mère, était de là - bas, Azad, ma mère, était de là - bas...Comme des milliers de femmes battues, vendues, violés, déportées, comme tous ces enfants noyés, elles étaient promises à la mort. Elles ont survécu par miracle.
Pendant des années, j'ai reconstitué leur histoire.
Ce livre, je l'ai écrit avec l'encre de mon âme."

En racontant l'incroyable histoire de sa grand -mère et de sa mère, Gaya Guérian révèle la cruauté terrifiante du génocide arménien. Elle montre aussi qu'avec le plus lourd des héritages, on peut embrasser la vie.
Un livre pour savoir et ne jamais oublier.



Tout d'abord, merci à Babelio et à XO Editions pour ce livre, reçu dans le cadre d'une Masse critique spéciale. 

Ce récit est celui de Gayané, française d'origine arménienne. Elle raconte la vie bouleversante et chaotique d'Achrène, sa grand - mère et d'Azad, sa mère. Achrène, jadis comblée et heureuse, fuit son pays tant aimé en y laissant une partie d'elle - même. Elle vient de connaître l'horreur et la cruauté, rien ne pourra jamais effacé ce qu'elle vient de vivre. 
Séparée de sa fille, elle erre pendant de longs mois et se trouve une "nouvelle famille" avec laquelle elle tentera de vivre comme elle pourra.
Azad a deux ans et demi, seule sur la plage, enfermée dans un sac. Recueillie par une famille qui n'avait pas le choix, elle vivra le reste de sa petite enfance sans amour sinon celui d'une chienne, Kiral. Puis elle quittera elle aussi le pays par la biais d'une association. 

Deux destins tragiques, deux coeurs aimants, liés à jamais. 

Et une petite fille, Gayané, née en France, qui n'est pas de "là - bas" mais qui comprendra, au fil des années, l'attachement de ses aînés à leurs racines. 

Après avoir lu la quatrième de couverture, j'avais hâte de le commencer. Tout d'abord parce que je connais mal cette période de l'Histoire. On parle très peu du génocide arménien à l'école, ce qui est dommage. Ce que j'ai lu alors m'a bouleversée. Tant d'atrocités et de haine contre des êtres humains, c'est inimaginable. Je ne peux imaginer la douleur de cette femme, Achrène, a qui on arrache son bien le plus précieux. Tant de gens tués, de familles brisées, de sang qui a coulé, pourquoi? 

C'est un livre poignant, juste et sincère. Il n'y a pas de détours pour écrire ce qu'il y a à dire. Parfois c'est dur, oui, mais c'est comme cela que ça s'est passé. Parfois, les émotions prennent le dessus sur le lecteur, oui, c'est fort possible.

Mais il ne s'agit pas là que du génocide arménien. Il y a aussi l'amour des Arméniens, leur attachement à leur pays. Il y a une histoire de coutumes, de mode de vie, de valeurs. Il y a la transmission, de génération en génération. Tout ce qui est propre au peuple arménien. J'ai eu envie de danser moi aussi avec les femmes dans la maison de Colombes, j'ai eu envie aussi d'apprendre l'alphabet de trente - huit lettres.

La seule chose que je n'ai pas compris, c'est pourquoi le neveu s'installe à Quiberon pour étudier les estuaires du Finistère Sud...oui parce que Quiberon est dans le Morbihan. C'est un détail oui mais pour une bretonne, c'est un gros détail.

En bref, un très récit très bien construit, qui se lit aisément. Trois femmes attachantes et aimantes. Trois destins hors du commun que je vous invite à découvrir.

Ma note : 4/5

2 commentaires:

  1. Merci. Ton avis est très précieux et me donne forcément envie de lire ce livre. Encore un de plus 😉

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